Les Déferlantes

Publié le par Nuage

Après Dans l'or du temps, j'ai découvert une nouvelle facette de l'écriture intimiste de Claudie Gallay avec Les Déferlantes paru aux Editions du Rouergue en 2008. L'histoire se passe à La Hague. C'est peu à peu que je suis entrée dans l'atmosphère douce-amère de ce roman et c'est avec beaucoup de lenteur que j'ai souhaité dérouler la trame du récit, pour respecter le rythme de l'écriture, les personnages qui se découvrent, l'intrigue qui se construit avec minutie. Il y a beaucoup de contemplation dans Les Déferlantes . C'est un roman sur la mémoire, sur le pardon, sur la reconstruction. C'est un roman en l'honneur de la beauté des hommes, coincée au fond de leurs souffrances, de leurs solitudes et de leurs passions.

Comme Dans l'or du temps, l'art est omniprésent. Ici, on trouvera en fil de trame le "vert Hopper", cette référence fulgurante au Philosophe de Rembrandt (p.132) et les sculptures hallucinées de Raphaël, l'ami de la narratrice. Autre point commun: la littérature et un auteur dont on célèbre la mémoire. Ici, c'est Prévert. Nous sommes à La Hague, en effet:

"Au bord du chemin, trois fillettes improvisaient une ronde. Elles avaient mis leurs poupées au centre de la ronde. Elles tournaient, par petits pas chassés, dans un sens et puis dans l'autre.

On s'est arrêtés pour les regarder.


- Prévert aimait beaucoup les enfants. Moi,je les trouve un peu trop bruyants…

Les fillettes continuaient à tourner.

- Tournez tournez petites filles

Tournez autour des fabriques

Bientôt vous serez dedans

Vous vivrez malheureuses

Et vous aurez beaucoup d'enfants.

C'était du Prévert." (p.284-285)

Et la Normandie. La Normandie et ses oiseaux. La narratrice est ornithologue. C'est une contemplative, une amoureuse des paysages et des animaux. Elle observe les oiseaux de mer, les cormorans surtout. Les oiseaux traversent aussi le récit comme un fil de trame. Comme la mer, réceptacle des drames et des bonheurs humains. Et le phare. Le phare comme un piège, le phare comme un tueur d'oiseaux (p.304-305).

Comme Dans l'or du temps, il y a une part mystique. Elle arrive tout à la fin. C'est à la fois un espace de grande émotion et de grand apaisement dans le récit. Nous y retrouvons les Hopis  qui se mélangent fugacement à une toute autre culture pour appporter, au final, un lien profond entre les deux romans:


"J'ai laissé courir mes doigts sur l'écorce épaisse d'un arbre. Les indiens Hopis disent qu'il suffit de toucher une pierre dans le cours d'une rivière pour que toute la vie de la rivière en soit changée.

Il suffit d'une rencontre." (p.519)


Ce roman est d'une grande richesse. Il faudrait encore parler des personnages. Parler de Max, "en recherche de pensées" (p.489) qu'il espère trouver dans un dictionnaire. Il faudrait parler de Morgane et de son rat. De Raphaël et de ses sculptures. De Lili et de son café. De Lambert et de son chagrin. De Nan et de ses linceuls. De Théo et de ses chats. Je les conserve comme des espaces vierges à découvrir encore, pour que le récit déferle un peu plus longtemps.

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Publié dans aventure humaine

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A
je passe ... repasse ... et ne vois que des choses qui me plaisent ici....et qui me mettent du baume au coeur ... <br /> <br /> merci merci merci <br /> <br /> anna
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